Publié dans Europe

Tous collectionneurs dans l’âme !

Chacun à notre manière, nous sommes tous des collectionneurs. Certains collectionnent les conquêtes, d’autres les pins ou les lectures, mais nous accumulons tous les expériences, les souvenirs, les biens matériels, les sourires, les bons moments et bien plus ! Et, la question est finalement de savoir si le sevrage de nos collectionnites aiguës nous rendrait plus libres.

David Foenkinos nous décrit la transformation d’un collectionneur ordinaire, dans son livre Le potentiel érotique de ma femme.

Hector, collectionneur compulsif, décide de se sevrer.

« Toute sa vie, il n’avait été qu’un cœur battant au rythme des découvertes. Il avait collectionné les timbres, les diplômes, les peintures de bateaux à quai, les tickets de métro, les premières pages de livres, les touilleurs et piques apéritif en plastique, les bouchons, les moments avec toi, les dictons croates, les jouets Kinder, les serviettes en papier, les fèves, les pellicules photo, les souvenirs, les boutons de manchette, les thermomètres, les pieds de lapin, les registres de naissance, les coquillages de l’océan Indien, les bruits à cinq heures du matin, les étiquettes de fromage… Bref, il avait tout collectionné et à chaque fois avec la même excitation. »

Sans solution pour parer à cette dépendance, il tente de se suicider et échoue. Honteux, il décide de se cacher et de mentir à son entourage en prétextant un voyage de six mois aux États-Unis. Pour couvrir ce mensonge, comme tout bon mythomane, il décide de se rendre à la bibliothèque. C’est là qu’il rencontre Brigitte. Ah Brigitte ! Hector en tombe soudainement amoureux et décide qu’elle sera unique pour lui et, par conséquent, son remède contre la collection compulsive ! Mais tout sevrage implique parfois des rechutes. Celle-ci sera, cependant, la plus atypique des collections d’Hector et révélera le potentiel érotique de sa femme sous un angle inattendu.

C’est une courte histoire fraîche et divertissante. Elle aborde, bien sûr, la possibilité de reconnaître l’érotisme de son conjoint dans des gestes simples du quotidien – le titre nous le révélait déjà. Mais c’est surtout l’opportunité pour Foenkinos, sous couvert de l’absurde et de l’exubérance de cette chronique, de nous présenter un individu finalement plutôt ordinaire : l’être humain serait avant tout un collectionneur qui se plaît dans son quotidien de répétition. Le meilleur sevrage serait donc avant tout d’accepter sa condition ?

Une étonnante fable moderne pleine d’humour et d’ironie qui vaut la peine d’être lue ou relue !

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