Publié dans Moyen Orient

Persépolis, ou comment traiter l’histoire en BD

Avec Persépolis, bande dessinée autobiographique, Marjane Satrapi nous plonge dans l’univers de la révolution iranienne de 1979. Fille d’une famille aisée, cultivée – l’enfant fréquente l’école française – et ouverte, Satrapi raconte la chute du régime du Chah, la prise de pouvoir des intégristes religieux et les changements dans la vie quotidienne.

À travers les yeux d’une enfant de 10 ans (au début de l’histoire), nous découvrons d’une manière drôle et enfantine l’histoire de l’Iran avant le Chah et pendant son régime, la répression des opposants communistes (comme l’oncle de Marjane, emprisonné) et la révolution de 1979, révolution que de nombreux Iraniens souhaitaient démocratique.

Au fil des années, Marjane grandit dans son univers où Dieu et Marx se ressemblent et sont ses confidents nocturnes et s’interroge de plus en plus sur des problèmes importants, propres à tout adolescent mais également exacerbés par la répression religieuse, politique et culturelle. Ses parents et sa grand-mère l’entourent de leurs conseils, mais se rendent vite compte que leur fille/petite-fille est trop directe, voire provocatrice, pour la société iranienne telle qu’elle est devenue. Ils décident donc de l’envoyer en Autriche, au lycée français.

Cette nouvelle expérience va être difficile pour la jeune fille. Étrangère dans un pays et un monde qu’elle ne connaissait qu’en images, venant d’un pays dont peu de personnes comprennent la situation, elle doit faire face aux critiques, à la solitude, au racisme. Sa découverte du monde occidental et individualiste la motive plus à retourner dans son pays qu’à rester loin des siens.

Son retour en Iran, plus mûre, plus grande, en un mot adulte, est à la fois difficile et facile : difficile, car elle s’est habituée à une certaine liberté en Autriche (notamment, en ce qui concerne les règles vestimentaires et les relations avec les hommes) ; facile, car elle est chez elle, près de ses parents, de sa grand-mère et de ses amies (même si un certain fossé s’est creusé avec celles-ci).

Avec cette bande-dessinée, publiée au départ en quatre tomes, Marjane Satrapi a acquis un succès international et imposé un nouveau style, l’autobiographie illustrée. Avec son ton bien à elle, que l’on retrouve également dans Broderies, elle nous raconte la révolution islamique, ses aberrations, mais aussi comment la vie continuait, malgré les répressions.

Avec Vincent Paronnaud, autre auteur phare de BD indépendante, Marjane Satrapi a adapté en 2007 Persépolis en un très bon film d’animation, qui a notamment remporté le Grand prix du jury au festival de Cannes la même année.

Marjane Satrapi, Persépolis, 2000, 2001, 2002, 2003 (tomes 1 à 4), 2007 (intégrale)

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