Publié dans Asie/Océanie

Couleur de peau : miel

Avec les deux tomes de Couleur de peau : miel, Jung (Sik Jun Jung) retrace de manière sensible, émouvante et souvent drôle son enfance. J’ai notamment beaucoup aimé le style de Jung, dans le dessin comme dans l’écriture.

Né à Séoul en 1965, il est adopté à cinq ans par une famille belge. C’est pour lui un nouveau départ, une nouvelle naissance. Laissant derrière lui les rues de Séoul et l’orphelinat américain dans lesquels il a grandi, il débarque dans une famille et un pays où il doit trouver sa place. Rejetant sa culture coréenne, il cherche désespérément à s’intégrer et à être un Belge comme les autres.

Mais son apparence physique et sa couleur de peau « miel » lui rappellent qu’il n’est pas un Belge comme les autres.

Dans ces deux très belles bandes dessinées, Jung présente plusieurs aspects de son histoire. Son enfance « normale », avec ses premiers amours, son opposition face à ses parents et ses relations avec ses frères et sœurs. Et son enfance d’adopté, sa perpétuelle quête d’identité qui le conduira à devenir un expert de la culture japonaise, à la fois proche et éloignée de la culture coréenne qu’il rejette.

« Je savais bien que je n’étais pas japonais. Mais quand je me regardais dans un miroir, je ne me sentais pas belge non plus ! Je voyais un Coréen. C’était inéluctable. Et ça ne me rappelait pas de bons souvenirs… »

Jung cherche son identité et cherche surtout à trouver sa place, à trouver le cocon dans lequel il se sentira enfin lui-même. En parallèle de son histoire, il évoque également le sort d’autres Coréens adoptés comme lui par des familles belges. Certains étaient dans son lycée, mais ils ne se côtoyaient pas, refusant de se reconnaître comme enfants adoptés issus d’une même culture.

« Nos adoptions ne se terminent pas le jour où nous sommes recueillis. Ce n’est que le début de notre itinéraire d’adopté. Nous avançons à tâtons, dans l’obscurité sans savoir où nous allons. »

Avec ces deux livres, Jung présente ainsi clairement à travers sa propre histoire, les problèmes que pose l’adoption.

« Nous devrions remercier grand’ma Holt d’avoir créé des orphelinats, des hôpitaux, de nous avoir trouvé des familles… et pourtant…. Pourtant, à l’heure actuelle, je ne sais toujours pas si je dois la remercier ou la détester. Nous sommes deux cent mille Coréens adoptés à travers le monde. C’est beaucoup trop. »

Jung, Couleur de peau : miel, tome 1, 2007 ; tome 2, 2008

Le tome 3 est paru en 2013 ; le tome 4 en 2016.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s