Publié dans Europe

Post sur le pouce : c’est quoi, rêver ?

L’interprétation des rêves de Sigmund Freud fait partie de ces grands classiques de la philosophie qu’il n’est plus nécessaire de présenter. Qui oserait décemment commenter Freud, en une page ? Impossible… ! C’est pour cela que je préfère simplement faire un petit clin d’œil à cet ouvrage, plutôt que d’en produire une exégèse qui serait nécessairement superficielle et foncièrement banale.

Cet ouvrage tente de répondre à deux questions fondamentales : pourquoi et pour quoi rêve-t-on ? C’est vrai, en fait, qui ne s’est jamais posé la question : « mais pourquoi est-ce que j’ai rêvé de ça, cette nuit ? ». Parce que cette question m’a toujours intriguée, je me suis plongée dans ce petit ouvrage que je conseille à tous, dans la mesure où il est court, très simple à lire et qu’il répond à de nombreuses questions que tout un chacun s’est déjà posé.

Sigmund Freud expose notamment les phénomènes de « condensation » (le rêve condense une multitude d’éléments très divers, qui n’ont en réalité qu’un « sens » commun) et de « déplacement » (on rêve d’une personne, alors qu’en réalité elle en désigne une autre). Ces différents phénomènes permettent de passer du « contenu manifeste » du rêve (ce dont on a effectivement rêvé) aux « idées latentes » du rêve (la signification réelle du rêve). Et, au final, les idées latentes font, selon Freud, toujours écho à un désir que l’on souhaite réaliser, à un désir le plus souvent refoulé au fin fond de notre inconscient.

Ce qui est amusant, c’est que Sigmund Freud s’appuie sur ses propres rêves et sur les rêves de patients pour expliquer sa thèse, ce qui en permet une compréhension bien plus aisée. Mais alors, pourquoi le fait qu’il ait rêvé d’un plat d’épinard signifie en réalité qu’il désire inconsciemment un don désintéressé ?! Parfois, le commun des mortels s’interroge sur la pertinence de certaines analyses, notamment lorsque Freud « décortique » ses propres rêves. Quel crédit y accorder ? Quelle distance peut-il avoir par rapport à lui-même ? Il reconnaît lui-même que cela soulève quelques difficultés. Et même, sur les rêves de ses patients, est-ce réellement pertinent, ce qu’il en tire ?

S’interroger sur la pertinence de sa thèse sur la signification du « rêve », c’est s’interroger, au final, sur le crédit à accorder à la psychanalyse et à l’œuvre de Sigmund Freud en général. Si elle est aujourd’hui majoritairement connue et reconnue, il n’en reste pas moins qu’à l’époque, la psychanalyse a véritablement déclenché une révolution au sein de la communauté scientifique et philosophique, révolution qui connaît encore aujourd’hui quelques résistances. En effet, rêver n’était plus une manifestation divine, ni même un sujet peu digne d’intérêt, et devenait alors l’essence même de la compréhension des profondeurs de l’être humain.

En bref, que l’on soit convaincu par Sigmund Freud ou non, cet ouvrage permet, à tout le moins, d’apporter quelques réponses, de s’essayer à l’apprenti psychanalyste, même si n’est pas Sigmund Freud qui veut…

Sigmund Freud, L’interprétation des rêves, 1900

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